«Celles qui bossent» Lise Devaux

Une interview de notre journaliste Godelieve Ugeux. 

Lise Devaux m’accueille chez elle 
et nous faisons connaissance devant une tasse de thé. Elle est originaire d’Hamois qu’elle a quitté pendant sept ans pour faire des études de tourisme à Bruxelles. D’abord engagée comme réceptionniste au bureau de politique européenne du WWF (World Wide Fund for Nature), elle y a travaillé 18 ans en travaillant sur des projets très différents et en passant par les équipes climat, biodiversité et économie.  

Mener des combats politiques, c’est passionnant, mais Lise Devaux avait envie de mettre les mains dans la terre. D’autant plus qu’elle avait lancé, avec Lucie Gustin et deux autres amies, “Le Petit Marché de la Gare” de Ciney.  Un marché de producteurs locaux qui se tenait 1x par mois durant la belle saison. Après trois belles années, le projet commençait à s’essouffler. C’est alors qu’elles ont eu vent du projet de coopérative initié par les GAC (Groupe d’Achat Commun) de Ohey, Gesves, Hamois et Leignon qui faisaient appel à des bénévoles. En août 2018, après 9 mois de travail, les fondateurs signent les papiers de la coopérative Cocoricoop. L’activité se développe vite et deux ans plus tard, Lise rejoint Lucie et Robin déjà salariés. Son job : contacter les producteurs, chercher les produits, s’occuper de la mise en ligne. Mais patatras, le Covid chamboule tout.  

Des produits qui changent toutes les semaines 

Maraîchage, viande, produits laitier, boulangerie : les filières du bien-manger sont assurées. Pas facile de réunir les producteurs qui viennent d’horizons différents. Certains sont « historiques », d’autres sont des néoruraux. Certains bios, d’autres non… Chacun ayant sa culture, ses fonctionnements. Mais avec le temps, ils ont appris à moins se considérer comme des concurrents que parties prenantes d’un projet collectif. D’ailleurs pour tout, c’est le collectif qui décide et non pas elle particulièrement, et elle sait qu’elle doit alors lâcher prise. La politique européenne ne lui manque pas. Ici, chez Cocoricoop, les défis ne sont pas abstraits et lointains. Et ici, se nourrir et faire vivre son entourage, c’est concret et apporte du changement sur un territoire. « Les défis globaux, dit Lise, seront réglés si on a tous des territoires résilients malgré le marché globalisé. Et si on propose des fruits d’ailleurs, c’est pour s’être entendus avec des producteurs de qualité qu’on connaît. »  

Les bénévoles c’est l’atout réussite !  

« Cocoricoop, c’est avant tout une incroyable aventure humaine, explique Lise Devaux. Que ce soit dans les points relais, au magasin de Ciney ou au remplissage des paniers chaque fin de semaine. Certains bénévoles sont là depuis six ans. Ils s’activent dans la joie et la bonne humeur créant par là un réseau de solidarité entre tous. Des amitiés improbables entre âges et horizons divers se sont créées. L’alimentation concerne et rassemble tout le monde. 

Militante mais pas que ! 

Les deux enfants de Lise Devaux l’ont toujours vue s’investir dans un boulot qui a du sens. Mais elle a aussi d’autres passions. Elle est fan d’histoire et de l’Angleterre. Elle s’intéresse aux jardins et à la botanique. Elle pratique la natation et nage cinq kilomètres chaque semaine. Elle aime la lecture aussi, et son côté rebelle s’enchante de découvrir dans quelques ouvrages féministes, -dont les livres de Mona Chollet-, des actions et réflexions de femmes qui prenant leur place dans la société, se libèrent des injonctions à se comporter de telle ou telle façon.   

Mais le temps passe, la théière est vide. Et je laisse mon hôtesse à ses pensées et son espoir qu’elle m’a confié : que Cocoricoop devienne enfin prophète en son pays et soit incontournable sur notre territoire.  

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