Après quelques mois d’activité, il faut reconnaître que le succès du lancement de la coopérative a été plutôt fulgurant ! 120 commandes/semaine dès l’ouverture au grand public en novembre 2018 et une croissance forte en à peine quelques semaines (entre 190 et 230 commandes/semaine en février 2019) pour un projet reposant sur le bénévolat plus ou moins engagé et un modèle coopératif, transparent et démocratique.

Si on peut se réjouir d’un tel succès, pour les porteurs du projets, les producteurs coopérateurs et les clients, tout le monde ne voit pas d’un si bon œil l’émergence d’un modèle collectif comme le nôtre. Il est utile de préciser que des représentants de certaines communes ont régulièrement rappelé une sorte de « concurrence déloyale » de Cocoricoop vis-à-vis des « petits indépendants » qu’ils souhaitent défendre. Cette position est tout à fait légitime à comprendre.

On peut bien sûr regretter qu’une structure économique à vocation sociale joue sans le vouloir une sorte de concurrence pour ces commerces que nous défendons pourtant dans un modèle d’avenir pour la commercialisation en circuit-court. Il ne faudrait pas se tromper de cible. Notre projet se veut être une alternative à la grande distribution (avec tout ce que l’on peut lui reprocher) et une option complémentaire aux petits commerces dont il est question ici.

La volonté des GAC initiateurs de la coopérative en créant une entreprise coopérative était d’unir les forces citoyennes pour développer un acteur économique rentable et donc autonome en fonctionnement (hors subside), en créant quelques emplois locaux porteurs. Ceci afin d’augmenter les ventes (à un prix juste) des producteurs coopérateurs et ainsi défendre l’objet social de Cocoricoop. Il n’y a donc aucun objectif de profit pour des poches privées si ce n’est l’emploi décent de quelques personnes hautement engagées bénévolement depuis le début du projet.

L’Europe, la Belgique, la Wallonie et donc notre région du Condroz connaissent une vague de prise de conscience sans précédent autour du modèle économique, de ses impacts sociaux et environnementaux (climat et scandales alimentaires des dernières années), et donc du modèle alimentaire qui l’accompagne. La demande en produits alimentaires bio, artisanaux, en circuit-court n’a jamais été aussi forte. Nous pensons qu’il y a une place pour tous dans ce modèle d’avenir. En tout cas, face à la grande distribution, nous défendons un modèle diversifié pour répondre au besoin de commercialisation alimentaire.

Au vu de la diversité des publics en demande, chaque projet répond donc à un besoin ou une manière spécifique de se fournir en alimentation de qualité : magasin, vente en ligne, marché de producteurs par exemple.

Nous souhaitons donc nourrir un rapport de dialogue et de collaboration constructif avec toutes les structures qui se sentent touchées par l’émergence de Cocoricoop. Malgré nos atouts, nous restons une petite structure modeste à côté des grandes enseignes qui essaient de surfer sur la vague du « manger local » sans réel engagement derrière.

Ceci est donc un appel à collaboration vers les commerces indépendants, les producteurs qui développent un point de vente à la ferme et les initiateurs de marchés de producteurs. Ensemble, nous sommes convaincus de pouvoir travailler côte à côte, dans le respect de chacun et pour un développement commun de la production locale de qualité vers un plus large panel de consommateurs conscients.

Chaque mode de distribution (vente en ligne, magasin, marché) connaît des avantages et des inconvénients qui conviennent plus ou moins bien selon les habitudes de vie de chacun.

La coopérative veut donc aussi servir de laboratoire pour l’alimentation locale en Condroz, mais aussi d’espace de dialogue et de réflexion pour servir l’intérêt général des mouvements du circuit-court.

Pour des circuits-courts collaboratifs et complémentaires